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Actualité Régionale de CAP 21 en Région Centre

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ARBORETUM des BARRES

 



21/06/2005
Un arboretum grandeur nature

Le mois de mai, synonyme de floraison à l'arboretum des Barres vous invite à la découverte de ce conservatoire de la biodiversité. 2 500 essences, de l'arbre à mouchoir à l'arbre à gomme, y sont préservées.
 

Des arbres des 5 continents. "Rien de ce qui vous entoure n'est naturel !" Cette affirmation à de quoi surprendre, à l'orée des 300 hectares de l'arboretum des Barres, à Nogent-sur-Vernisson. Autour de vous les oiseaux chantent, des dizaines d'insectes s'affairent au milieu d'une magnifique forêt. "C'est cette variété qui est artificielle, poursuit Nicolas Perrette, qui travaille sur l'arboretum en qualité d'assistant mission scientifique, vous avez autour de vous des arbres venus des cinq continents, regroupés artificiellement sur les 35 hectares de la collection botanique".

Les écosystèmes générés par cette diversité abritent chacun une faune différente. Alors qu'une forêt européenne abrite en moyenne une soixantaine de couple d'oiseaux sur dix hectares, ils sont plus d'une centaine sur la même surface à l'arboretum, représentant une quarantaine d'espèces forestières différentes. L'arboretum des Barres est le plus grand et le plus ancien en France, et parmi les dix premiers mondiaux tant par sa taille que par la diversité de ses essences" se félicite Corinne Vermillard, directrice de la structure d'accueil.

Parcs "à thèmes". Cette richesse s'explique à la fois par son histoire et par sa localisation. "Sur 35 hectares, nous disposons de sols sableux, argileux et calcaires". Le fondateur de l'arboretum avait d'ailleurs choisi ce site pour cette exceptionnelle diversité, permettant de comparer les rendements de plusieurs espèces (voir encadré). Pour guider les visiteurs dans leur parcours, les 35 ha ont été divisés en trois zones. La partie "systématique" présente les arbres et arbustes par famille. Comme dans un livre ouvert, le visiteur découvre plus de 2500 espèces, dont 80 sortes d'érable, des dizaines de chênes, d'orchidées...

La zone "géographique" regroupe les essences par continent, et permet de passer en quelques pas d'un séquoia américain à un ginkgo biloba asiatique. Le parc "Ornemental", centralise les arbres et arbustes autrefois collectionnés pour leur aspects insolites : hêtres tortueux, cèdres et séquoia pleureurs, genévriers rampants... Contrairement au traitement réservé aux végétaux d'un jardin ou d'un parc, ceux de l'arboretum ne bénéficient d'aucun traitement de faveur. Pas de terreau, d'engrais ou de pesticides. Les essences doivent survivre et prospérer par leurs propres moyens. "Cela rejoint notre vocation scientifique, rappelle Corinne, le but d'un arboretum n'est pas seulement de présenter des espèces, mais également d'étudier leur acclimatation".

A l'origine, une petite graine. De même, pas de coupe, de taille, de soins en cas de parasitage. Les jardiniers se bornent à enlever le bois mort... Ou à éviter la prolifération de certaines espèces ! "Les arbres ne sont pas là pour être beaux, rappelle Corinne, mais pour être authentiques". La richesse de l'arboretum s'entretient quotidiennement. C'est plus particulièrement le travail de Jean-Pierre Pastuszka, pépiniériste. "En 2004, nous avions 19 000 plants, tous étiquetés un par un. Le quart de cette production est destiné au renouvellement de l'arboretum", le reste est vendu ou échangé.

Et les difficultés commencent bien avant la plantation : "Avant de semer une graine, explique Jean-Pierre, il faut se la procurer". Difficile pour certaines semences rarissimes. Pour répondre à ses besoins, l'arboretum a recours à l'index seminum. "Il s'agit d'un recueil, un thésaurus où nous indiquons les graines que nous avons et celles que nous recherchons". Un véritable réseau mondial relie ainsi les parcs et arboretum du monde entier. Les semences arrivent à l'état de graine, car l'échange de pots est interdit "Pour des raisons de sécurité : un arbuste pourrait arriver avec des parasites qui, implantés dans un autre milieu naturel, pourraient dangereusement proliférer" explique Jean-Pierre.

Un trésor caché pendant 160 ans. Arrivée à l'arboretum, chaque graine reçoit un numéro. Celui-ci la suivra toute sa vie, et permettra de connaître à tout moment son âge et sa provenance. Livrées entre septembre et janvier, elles sont conservées en chambre froide, et semées début avril, pour éviter les gelées. L'année suivante, les semis sont repiqués dans des pots adaptés à leur développement. Ainsi, un végétal ne rejoint l'arboretum qu'au bout de plusieurs années, durant lesquelles il grandit à l'abri du froid et des forts rayonnements solaires.

Chaque arbre a sa fiche d'identité, qui permet de connaître son espèce, son âge et sa provenance. Progrès technologique oblige, leur emplacement est aujourd'hui relevé par GPS (positionnement satellite).Mais l'arboretum n'est pas qu'un conservatoire des espèces, un laboratoire grandeur nature d'acclimatation de végétaux. C'est également un espace ouvert au public depuis 20 ans, qui s'est progressivement doté de structures d'accueil. "Pendant plus d'un siècle et demi, l'arboretum était réservé aux savants et aux étudiants. Mais cet endroit extraordinaire méritait d'être porté à la connaissance de tous" raconte Corinne.

Une mission pédagogique. Aussi, une association à but touristique a été fondée, l'ADIAF*, qui s'est donné pour but d'amener le public à la découverte de l'arboretum. "Nous avons débuté avec seulement deux salariés, dans une ancienne salle de classe, aidés de quelques objecteurs de conscience". Il a fallu lutter contre les a priori du public, qui assimilait un arboretum à un endroit austère, présentant des plantes en pot soigneusement étiquetées en latin. "Nous avons mis en place des itinéraires balisés, fait sortir de terre un bâtiment d'accueil, recruté, organisé..."

Aujourd'hui, l'arboretum accueille 20 000 visiteurs par an. Du simple promeneur au féru de botanique venu trouver des plants de qualités lors de des ventes organisées périodiquement sur le site, tout le monde peut trouver son bonheur à l'arboretum. "Nous proposons dorénavant une série d'événements tout au long de l'année, qui culminent avec l'Arboretum exploris". D'autres activités sont venues se greffer sur la simple présentation des collections, particulièrement en direction des scolaires. "Il faut apprendre la forêt, explique Corinne, ré-explorer la nature, la voir croître et embellir. C'est sans doute le meilleur moyen d'apprendre à la respecter".

*(Association de découverte et d'initiation à l'arbre et à la forêt)

P.C.
 

Aux racines de l'arboretum, une famille : les Vilmorin
Les essences présentées à l'arboretum sont étroitement liées à un arbre...généalogique. Celui de la famille Vilmorin. Le Domaine des barres (283 ha) est acquis en 1824 par Philippe André de Vilmorin. Considéré comme le précurseur de la génétique forestière, il consacre ses efforts aux essences susceptibles de fournir des bois de mâture à la marine. A sa mort ses héritiers cèdent une partie de ces plantations à l'Etat, qui implante sur le site une école de sylviculture (1873). L'arboretum acquiert un rôle pédagogique.
A la fin du XIXe siècle, Maurice de Vilmorin dessine un parc autour d'un nouveau château (1894), et se consacre à une collection systématique d'arbustes. Il est en relation avec des missionnaires français, notamment de Chine, qui lui font parvenir de nombreux échantillons. A sa mort, il lègue son "fruticetum" et les terres attenantes à l'état, qui récupèrera l'intégralité du domaine, château inclus, en 1936.
 
C'est pratique
Arboretum exploris : un rendez-vous avec l'aventure
Cette fabuleuse aventure se vit en famille. Vous partirez sur les traces de l'arbre des songes à votre rythme, en remontant le temps sur les pas des grands explorateurs botanistes. Ce parcours actif et chargé d'énigmes permet aussi de mettre en valeur la fragilité de notre environnement.
Par ailleurs, six nocturnes exceptionnelles sont proposées : spectacles déambulatoires au coeur de l'arboretum, où les "Voleurs d'âmes" vont user de tous leurs stratagèmes pour mettre à mal la quête des spectateurs.

Renseignements :
Tél. : 02 38 97 62 21,
Ou sur le site internet : www.arboretumdesbarres.com


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